Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 10:43

 

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Voici un mutant, un vrai, louche comme un inconnu s'avançant le long d'une ruelle glauque recouverte de tags et satisfait comme un artiste contemporain trop heureux de sa provocation. Quoiqu'il en soit l'artiste en présence est une création urbaine pure, issue du bouillonnement du début des années 90. A cette époque, jaillissaient de la marmitte culturelle le rap et la house, le graff et les raves; le hip hop englobait encore une multitude de pratiques dont le regroupement définissait un véritable mode de vie. Puis ces dernières se sont autonomisées pour vivre leur vie et accomplir leur propre cycle commercial. Mais Grems réactualise le hip hop originel en lui insufflant à nouveau le courant électrisant de ses débuts et rétablit sa polyvalence. A la fois graffeur, graphiste et rappeur, Grems brandit l'étendard du métissage en mélangeant les genres pour mieux les renouveller.

 

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Avec ce titre, l'artiste fait dans le trash mais conserve ce petit sourire en coin nous indiquant qu'il se fend tout de même bien la poire. C'est presque de l'art contemporain, mais sans dédain ni mépris, avec ce regard d'enfant trop heureux de dire des gros mots. A l'heure des grosses prods calibrées comme des films hollywoodiens, la légèreté crue de Grems nous amuse bien.   

 

Par Mojo Risin - Publié dans : Le Son de la Semaine
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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 16:20

 

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"J'ai du goût pour trop de choses que je mélange, m'attardant à courir d'une étoile filante à une autre jusqu'à temps que je me casse la figure. Voilà ce que c'est que de vivre dans la nuit, voilà ce que ça fait de vous. Je n'avais rien d'autre à offrir à personne que ma propre confusion."

 

La plupart des écrivains empruntèrent les sentiers battus, ces passages étroits en marge des grands axes où se cueillent les fruits de la marginalité et de l’expérience. Pour l’un d’eux le chemin fut recouvert d’asphalte et de voitures lancées à toute allure vers la quête du grand frisson et de l’extase suprême. Kerouac, écrivain emblématique de la beat génération, resta toute sa vie un esprit du 19ème siècle plongé dans un corps des années 50. Son livre emblématique Sur la Route constitua le manifeste de toute une jeunesse éprise de liberté et d’aventure, deux quêtes auxquelles il renonça au moment de son succès par une lente destruction alcoolique. En s’éteignant le 21 octobre 1969 les beatniks et les hippies perdaient leur père spirituel, et l’Amérique l’un des ses écrivains fétiches.

 Un style dopé au jazz

« La littérature conventionnelle est une langue morte » annonçait-il avec provocation, gardant en mémoire ses auteurs favoris dont le style rompit en leur temps avec les conventions établies. Particulièrement féru de Joyce et Faulkner, Kerouac admirait leur écriture intuitive, libérée des codes de narration fixés depuis des siècles. Joyce venait de révolutionner le domaine quelques décennies auparavant avec son roman Ulysse à l'inspiration indéniablement surréaliste. La littérature issue de ce courant déversait sur le papier des "flux de conscience", à savoir une prose posée dans l'instant, sans corrections, pour ne pas dénaturer l'authenticité de l'inconscient qui souvent mêlait le sexe et la mort dans une langue déstructurée.

 

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James Joyce 

La spontanéité de leur plume comportait une rythmique toute musicale qui résonnait harmonieusement à ses oreilles nourries par les improvisations du jazz, musique dont il s’inspira pour exprimer l’improvisation avec laquelle mener une vie pleine de saveur; une vie de bohème. Insuffler un tempo à la littérature revenait à l’incarner dans son époque, époque qu’il parcouru comme un visiteur étranger nourri de désirs romantiques et dont il légua le testament dans son livre culte : Sur la Route.

 

 

Alors que Rimbaud, son modèle, partait à la découverte de terres inconnues, Kerouac, lui, partit à la découverte d’une époque inconnue : la sienne, celle des 50’s.

Entre Be-Bop et Cadillac 

Les 50’s furent une période de croissance et de prospérité. La société de consommation naissait sur les cendres de la banqueroute des années 30, et se donnait comme ambition d’offrir à chacun la profusion nécessaire à l’épanouissement collectif. La génération ayant connu la crise, puis la guerre, croyait alors religieusement pouvoir mesurer le bonheur à la quantité de biens matériels garnissant le logis et le frigo. Mais plus que tout, la voiture symbolisa à la perfection cette époque qui roulait sur le chemin de la prospérité sans percevoir les bosses qui, déjà, jalonnaient son parcours.

 

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Car parallèlement germaient les graines de la contestation : le cinéma voyait apparaître James Dean et découvrait « la fureur de vivre » tandis qu’Elvis, avec ses fulgurances, s’affranchissait de la retenue imposée par la morale puritaine. Le jazz, ainsi que le be-bop, traduisirent particulièrement bien cette émancipation des règles en contournant les traditionnels critères d’harmonie requis par des improvisations fulgurantes.

 

  

 Kerouac mêlait au dégoût de son époque la fascination de ses contre-modèles, et cette contradiction haine, fascination nourrie le style et l’esthétique de son œuvre qui inspira notamment le gonzo journalisme. Et s’il fallait une image pour résumer sa vie, celle-ci conviendrait plutôt bien : La vie de Kerouac ressembla à un bolide lancé à toute allure sur une route menant à une destination inconnue, et qui à force de rouler finit par se lasser et choisit de dévier en direction du fossé. Ou alors peut-être était-ce cela sa route : la déviation…

Par Mojo Risin - Publié dans : Vintage
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 01:43

 

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Si la pop musique avait une nationalité, elle serait anglaise, ou américaine ; tout du moindre ses racines plongeraient dans la culture anglo-saxonne. Les Beattles peuvent être considérés comme ses parents légitimes avec leurs métissages symphoniques. La plupart des productions d’outre-atlantique peuvent d'ailleurs être qualifiées de la sorte en raison de leur tempo, de l’univers graphique qui les entoure, et de leur métissage, ce qui n’est pas vraiment le cas de la France (et dans la plupart des pays latins). L’Hexagone reste encore très influencé par la tradition et donc par les chansons à texte, telles que les pratiquaient nos ancêtres chansonniers. Pour ces derniers, le fond devait primer sur la forme et les mots sur le son. Souvent graves, parfois légères, les chansons n’en restaient pas moins cohérentes dans leur message souvent voué à la réflexion.

 

 

L’arrivée du synthé et des bidouilleurs électroniques inspira néanmoins un parolier touche à tout dont les textes légers et ambigus se révélèrent terriblement pop : Serge Gainsbourg. Un fond électro, des chansons n’ayant pour autre ambition que divertir, une attention toute particulière portée à la rythmique dans laquelle se fondaient les paroles ; bref le père de la pop française. Hitchcock usait du Mac Guffin, un mobile prétexte pour raconter une histoire. Il en va de même pour la musique pop : Un fond prétexte pour dévoiler la forme.

 

 

Les années 80 verront une armada de chanteurs et chanteuses s'engouffrer dans le sillon tracé par le modèle Serge : Lio (Banana Split), Marc Lavoine (les yeux revolver), les Rita Mitsuko (Marcia Baila)…

 

 

Est-ce parce que les années 80 reviennent à la mode ou en raison d’une plus grande assurance à l’égard de la musique anglo-saxonne, mais les français assument à nouveau leurs penchants pop. Malgré des textes d’une grande futilité assumée, certains artistes contemporains renouent sans complexes avec ce style musical: TTC, Yelle, et pleins d’autres... voici la relève :

 

TTC :

 

 

 Numéro:

 

 

Crookers:

 

 

Yelle:

 

 

La France s’essairait-elle à la pop ?   

Par Mojo Risin - Publié dans : Tendance
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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 17:54

 

 

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A la base, le trench coat est un habit militaire confectionné par Burberry pour habiller les soldats anglais durant la première guerre mondiale. Imperméable et pratique, le manteau devait protéger les alliés de la pluie (Le front se situant en Belgique et au nord de la France, les intempéries constituaient un ennemi de taille) et les aider à transporter leur attirail grâce à la boucle de la ceinture et aux épaulettes.

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Les soldats, attachés à leur plus fidèle compagnon de tranchée (trench signifie tranchée),  le conservèrent lors de leur retour à la vie civile et posèrent les bases de son succès. Mais ce dernier s’amplifia réellement lorsqu’un célèbre acteur, symbole de virilité et de force brute, Humphrey Bogart, le porta dans un film non moins célèbre, Casablanca. Le trench devint alors la cape des héros urbains : hommes sombres et torturés, sentant bon le tabac froid et le whisky glace.


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Mais les actrices se l’approprièrent à leur tour pour mieux le déviriliser en y imprégnant d’une touche de grâce et d’élégance. Garbo, Dietrich, Bacall et Audrey Hepburn féminisèrent l’une des plus belles pièces militaires en la rendant chic et glamour. Le classique Breakfast Tiffany’s, derrière l’angélique beauté de Audrey Hepburn,  dévoila une féminité extrêmement moderne : à la fois déterminée et fragile, forte et sensible. Le célèbre manteau, élégance faite masculine jusqu’alors, accepta le deuxième sexe dans sa symbolique. Ou plutôt celui-ci s’en empara pour signifier le changement d’époque : le deuxième sexe n’était plus faible.


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Le trench, sans cesse détourné depuis ses origines militaires, s’invita également dans la garde robe gothique au prix d’un changement de textile : très attachée au cuir, le célèbre manteau se déclina sous cette matière et rendit élégant les pirates du monde entier inspirés par l’esthétique du film Matrix qui ne cesse d'en chanter les louanges.


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Le trench coat conserva sa popularité au fil des décennies en s’adaptant à chacune d’elle, comme si son usage demeurait une injonction, quelque soit l’époque. A croire que ses origines militaires expliquent sa résistance et sa longévité ; voir même son éternité. Qui sait... 

Par Mojo Risin - Publié dans : Vintage
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Dimanche 18 juillet 2010 7 18 /07 /Juil /2010 11:19

 

 

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Nous ne le répéterons jamais assez: le sample est pop, très pop, archi pop, ultra pop. Cette manière d'extraire certains sons bien précis et de les replacer ensemble pour créer une sonorité inédite est une démarche pop par excellence. Mais le talent réside ici dans l'agencement de ces morceaux musicaux duquel doit émerger une forme d'harmonie et donc de beauté. Or il existe un artiste dont la finesse ne trouve d'égale que dans la broderie la plus fine. Son nom tient en 4 lettres: POGO, sa méthode: sampler des extraits de films Disney. Alice, Hook, Mary Poppins, Merlin, tous passent à la moulinette électro. En jouant avec ces vieux classiques, le maestro explore la nostalgie de notre enfance et nous convie à renouer avec le temps perdu en acceptant le temps présent. Pour cette raison chaque morceau devrait s'intituler "Le Temps Retrouvé". Pourvu que POGO continue sa recherche... 


 


 

Par Mojo Risin - Publié dans : Le Son de la Semaine
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