Philo Funky

Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 00:22

 

2149921039 dbe01ddfa4

 

La philosophie est inintéressante et compliquée... Sauf quand des artistes nous en expliquent les concepts au moyen de leurs oeuvres. Dès lors la philo devient funky. Au programme aujourd'hui: le Nihilisme.

 

Ce concept formalisé par le philosophe allemand Nietzsche (1844-1900) bouleversa la pensée du 20ème siècle qui y trouva là une base pour aborder la modernité et y déceler également la cause de ses tourments. Voilà comment ce dernier le définit : « Nihiliste est l’homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. De ce fait l’existence (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a aucun sens : de ce fait le pathos du « en vain » est le pathos nihiliste — et une inconséquence du nihiliste. » (Fragments posthumes). Ce constat fut issu d’un autre, terriblement révolutionnaire en son temps: la mort de Dieu.  Alors que la philo l’incorporait dans chacune de ses théories depuis le Moyen-Âge, voilà que Nietzsche tirait le constat de sa non-existence et bouleversait au passage le champs de la morale. Car à partir de là tout est possible puisqu’aucune entité supérieur ne peut garantir l’existence du bien et du mal, ni donc récompenser le premier ou châtier le second. Dostoïevski en vint à la conclusion suivante: “si Dieu n’existe pas tout est permis” (Les Frères Karamazov). Toujours flou le concept? Très bien ; Nirvana, GTA ou encore Brad Pitt vont vous l’illustrer

 

Nirvana

 

nirvana-1019.jpg


Le 24 septembre 1991 sortit Nevermind, le 2ème album de Nirvana qui allait marquer la scène musicale des 90’s et braquer les projecteurs en direction du Grunge, un courant musical issu de l’underground rock. “Guitare rugissante et batterie sauvage”, voix rauque et cassée crachant une rage contagieuse, le tite Smell Like Teen Spirit (classée 9ème parmi les 500 plus grandes chansons de tous les temps selon le magazine Rolling Stone) devint l’hymne désabusé de la jeunesse de cette époque. Le désespoir niché au creux de la voix de Kurt Cobain, le chanteur du groupe, traduisit à merveille la notion de nihilisme: plus d’espoir, plus de valeurs, juste un désespoir auto-destructeur trouvant son apothéose dans le bien nommé titre I Hate Myself & Want To Die ou All Apologies. A la fois révolté et impuissant, son incapacité à dépasser le nihilisme (comme le préconisait Nietzsche) et ses contradictions le conduisit à mettre fin à ses jours le 5 avril 1994. 

 


 

Grand Theft Auto

 

qhsex3q1ho.jpg


La polémique entourant la violence des jeux vidéos connut un soudain élan avec la sortie en 1997 d’un jeu nommé GTA (Grand Theft Auto). Celui-ci proposait en guise de scénario de voler, dealer, ou encore tuer des gangsters, mais également des civils et des policiers. Or là où l’ensemble des jeux vidéos pénalisaient jusqu'à présent les héros sacrifiant des innocents, en bref essayaient de maintenir une forme de moralité dans leur univers virtuel, celui-là encourageait l’absence de valeurs en la récompensant! Le héros (et donc le joueur), sans foi ni loi, devait faire abstraction de toute notion de bien ou de mal pour réussir l’aventure. D'ailleurs, dans l'une des suites du jeu, un code permet d'obtenir une bagarre générale entre tous les piétons arpentant les rues, transformant ainsi la ville de Liberty City (nom du lieu où se déroule l'intrigue) en un vaste ring. Ce chaos pixellisé anticipe ce que serait le règne absolu du nihilisme dans le monde réel: une lutte anarchique entre tous et chacun. Ce nihilisme assura finalement la pérennité de cette saga qui continue de faire saliver les gamers du monde entier trop heureux de sacrifier l'ordre et la morale assis sur un canapé.  



 

Fight Club

 

2127428199_small_3.jpg


Ce film, tiré d’un roman de Chuck Palahniuk, met en scène l’incarnation même du nihilisme en la personne de Tyler Durden (Brad Pitt). Cet anarchiste pour qui rien n’existe, pousse à bout la logique de ce concept en créant un club de combat clandestin où les valeurs se réduisent à un ensemble de règles régissant les affrontements entre adversaires. Plus d’humanisme, la condition humaine est réduite à ses propriétés organiques les plus simples. Tout le reste n’est que surplus inutile et encombrant, même l’amour, duquel il faut s’émanciper. Le héros ne cesse de répéter aux participants de son club un peu particulier qu'il ne valent pas mieux qu'un tas d'humus en décomposition. L’atmosphère de cette production reflète parfaitement les abîmes de noirceur que recèle ce concept au travers de ses décors poisseux et oppressants. Les personnages, las d'une existence dénuée de tout sens, ne désirent plus qu'une seule chose: en finir avec le monde et avec eux-mêmes au moyen d'un chaos total puisque tout n'est que mascarade. Rien que ça. 

 

 

 

Le nihilisme, dont s’inspire la formule ni dieu ni maître et que Nietzsche considérait comme actif, devait permettre l’édification de nouvelles valeurs et d’un homme nouveau. Mais celui-ci se retourna souvent contre ses prétendants en devenant terriblement destructeur (GTA), auto-destructeur (Nirvana), ou les deux en même temps (Fight Club). Nietzsche finit d’ailleurs fou… De là à le qualifier de première rockstar de l’histoire, il n’y a qu’un pas à faire! En attendant Nirvana, GTA et Tyler Durden vous souhaite une bonne journée en espérant vous avoir aidé.   

Par Arthur Fortin - Publié dans : Philo Funky - Communauté : Moderne ou post-moderne ?
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 14:54

 

2149921039 dbe01ddfa4

 

La philosophie est inintéressante et compliquée... Sauf quand des artistes nous en expliquent les concepts au moyen de leurs oeuvres. Dès lors la philo devient funky. Au programme aujourd'hui: La Madeleine de Proust.


Peut-être ne connaissez-vous pas la signification de ce concept issu de « Du Côté de chez Swann »,  premier tome de la saga proustienne « A la Recherche du Temps Perdu », mais il est fort probable que le mot résonne de manière familière. Voici la pensée qu'inspire au narrateur la saveur d’une madeleine trempée dans le thé : « quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.”  Cette saveur, plus que de lui rappeler un souvenir précis, le lui fait revivre pleinement (exactement cela lui rappelle des moments de son enfance chez sa tante Léonie). Cette sensation vous a forcément parcouru au moins une fois (à moins d’être complètement insensible!) grâce à un son, une odeur, ou même une image.

 

 

Toujours flou le concept? Très bien, Dorothée, Jim Carrey, et Tom Cruise vont vous l'illustrer.


Dorothée

 

club-dorothee1


Combien de personnes nées dans le sillon des années 80 ne regardaient pas le club Dorothée, ce programme diffusant des mangas cultes comme Dragon Ball Z ou Nickie Larson?Au hasard d’un partage Facebook, ne vous-êtes vous jamais retrouvés à nouveau face au générique?L’espace de quelques secondes n’avez-vous pas revécu votre enfance devant la télé, une tartine de nutella à la main, un verre de jus d’orange dans l’autre? Et bien voici un exemple de Madeleine de Proust. L’énorme nostalgie ressentie à l’égard de cette série (lancez le sujet au cours d’une réunion d’amis, voyez les réactions, et calculez la durée de la discussion) nous pousse à la qualifier de madeleine de proust d’une génération. 

 

 

 

Eternal Sunshine of the Spotless Mind 

 

eternalsunshine.jpg


Dans ce film Jim Carrey souhaite effacer son ex de sa mémoire et pour ce faire une compagnie lui propose d’éradiquer tous les souvenirs liés à elle. Afin de les cibler, cette compagnie lui demande de ramener les objets lui rappelant son image et ainsi établir une liste de tous les (bons et mauvais) moments passés à ses côtés. Ces madeleines de proust le rattachent à des instants précis qu’il revivra de façon fugitive au cours du processus d’effacement; ces scènes constituent ainsi les plus belles illustrations de ce concept dont le réalisateur, Michel Gondry, semble s’inspirer pleinement.

 


Vanilla Sky

 

sky1.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20020809_064348-copie-1.jpg


Ce film narre l’histoire d’un golden boy joué par Tom Cruise vivant dans un rêve fabriqué de toutes pièces par une entreprise capable de prolonger l’existence dans un onirisme sans fin. Or celui-ci s’inspire dans son architecture des meilleurs moments vécus par les personnes décédées. Dans le cas du héros, une toile de Monet (vanilla sky), la pochette d’un album de Dylan, le film Jules et Jim, ou encore un personnage de Du Silence et des Ombres constituent autant de madeleines de proust tissant l’esthétisme de son rêve.

 


La madeleine de proust symbolise les attaches nous liant au passé et nous rappelle qu’on ne peut jamais le ressusciter pleinement. Si c’est le cas, à peine le temps d’en prendre conscience que le souvenir s’estompe aussitôt. A peine éprouvez-vous les affects de l’enfance face au Club Dorothée que ces derniers se dissolvent. Et comme Jim Carrey essayant de prolonger cette sensation, nous voulons maintenir cet état de nostalgie sans succés. Mais peut-être que la technologie, comme dans Vanilla Sky, nous aidera à revivre pleinement et éternellement notre passé. Mais n’oublions pas que cela ne restera qu'un rêve. Alors continuons de vivre dans la réalité en regardant l’avenir. En attendant Dorothée, Jim Carrey, et Tom Cruise vous souhaite une bonne journée en espérant vous avoir aidé.

 

Par Arthur Fortin - Publié dans : Philo Funky
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 15:12

 

2149921039 dbe01ddfa4

 

La philosophie est inintéressante et compliquée... Sauf quand des artistes nous en expliquent les concepts au moyen de leurs oeuvres. Dès lors la philo devient funky. Au programme aujourd'hui: Le Mac Guffin.

 

Hitchcock, qui popularisa le concept en l’utilisant dans chacun de ses films, racontait cette blague pour le définir: Deux voyageurs se trouvent dans un train allant de Londres à Edimbourg. L'un dit à l'autre : « Excusez-moi, monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre que vous avez placé dans le filet au-dessus de votre tête ? — Ah ça, c'est un MacGuffin. — Qu'est-ce que c'est un MacGuffin ? — Eh bien c'est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes d'Ecosse — Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Écosse. — Dans ce cas, ce n'est pas un MacGuffin » .  Je suppose que l’humour du réalisateur ne vous aide pas vraiment à comprendre. En fait le Mac Guffin n’est qu’un prétexte au développement d’un film, d’une chanson, ou encore d’un produit. Pour le maître du suspens, le Mac Guffin représentait l’histoire de ses oeuvres, souvent peu originale, permettant de mettre en place la mise en scène qui, elle, ressemblait à un travail d’orfèvre. Toujours flou le concept? Bon ça va laissons la parole aux artistes.

 

Kinder

 

logo-kinder.jpg


Si on vous demande votre kinder favori, la probabilité d’entendre “Kinder Surprise” est très grande. En effet, ce petit oeuf en chocolat contenant la fameuse surprise continue de faire le bonheur des enfants et des dentistes. Mais quel est le principal intérêt? Son nappage ou le jouet qu’il contient? C’est bel et bien le jouet (son succès serait probablement bien moindre sans). Et bien l’oeuf en chocolat n’est qu’un “prétexte” pour pouvoir découvrir ce qui se cache à l’intérieur (mais sans, la fameuse surprise ne présenterait aucun intérêt); voici le Mac Guffin  du Kinder Surprise.   

 


James Cameron

 

00114320df400c885f5654.jpg


Cameron est un réalisateur fasciné par la technique. La plupart de ses films recèle d’effets visuels époustouflants donnant tout son sens au terme divertissement. A ce titre, Avatar constitue une véritable révolution en établissant une nouvelle norme: la 3D. Grâce à elle le réalisateur a enfin pu accomplir son rêve de toujours. Mais encore fallait-il une histoire pour pouvoir illustrer l’exploit. Et on se rend compte qu’en effet les millions ayant servi à la conception ne furent pas engloutis par le scénario qui reprend de (très) grosses ficelles. Mais en y allant, on voulait en prendre plein les yeux, et pas les neurones. Cette histoire d’énergie extraterrestre est donc le Mac Guffin du film

 


James Joyce

 

james-joyce


Joyce révolutionna la littérature et la narration par son style destructuré profondément novateur traduisant les “flux de conscience” du narrateur. Son livre culte Ulysse raconte la journée plutôt banale de deux irlandais, Léopold Bloom et Stephane Daedelus, dans Dublin. Pas de véritable intrigue, ni de rebondissements particuliers, l’intérêt ne réside pas dans l’histoire mais plutôt la façon dont Joyce retranscrit les pensées de ses deux héros. Celle-ci n’est donc qu’un prétexte, le Mac Guffin de Ulysse, pour laisser libre cours à  un véritable exercice de style.

 

 


David Guetta

 

soiree-paris-1272530848-david-guetta-one-love-official-albu.jpg


La chanson à texte, comme son nom l’indique, accorde une place majeur aux paroles, ne laissant alors à la musique qu’une simple fonction d’accompagnement. L’électro, elle, tend à inverser ce rapport en accordant au son une place majeure. En écoutant David Guetta on se rend compte que les lyrics, répétitifs et dénués d’intérêt, ne servent qu’à accompagner le mix qui lui révèle une conception beaucoup plus poussée. Le thème de la chanson, le Mac Guffin de chacun de ses titres, n’est qu’un prétexte pour laisser exploser les enceintes des clubs du monde entier.

 

 

Le Mac Guffin est présent là où la forme prime sur le fond (sans que cela soit une mauvaise chose), afin de lui donner un prétexte. Cela s’apparenterait à la fameuse citation du sociologue Mac Luhan: “Medium is the message”, que l’on pourrait également traduire par “style is the message”. Alors maintenant arrêtez de chercher les incohérences scénaritisques, de critiquer la pauvreté des textes, de pester contre les histoires dénuées de rebondissement ou de vous moquer de votre petit frère s’amusant avec un jouet Kinder. Souvent une raison les justifie (mais pas toujours certes…). En attendant Kinder, Cameron, Joyce et Guetta vous souhaitent une bonne journée en espérant vous avoir aidé.

 

Par Arthur Fortin - Publié dans : Philo Funky
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 09:43

 

 

2149921039 dbe01ddfa4


"La philosophie est inintéressante et compliquée... Sauf quand des artistes nous en expliquent les concepts au moyen de leurs oeuvres. Dés lors la philo devient funky. Au programme aujourd'hui: La déterritorialisation."  

 

La déterritorialisation, concept clef de la philosophie de Deleuze, joue un rôle déterminant dans l’élaboration de la culture pop, mais son explication n’en demeure pas plus aisée pour autant. Déterritorialiser consiste à extraire un élément de son territoire naturel pour le replacer (ou non) dans un autre dont la nature est différente. Le philosophe disait: "Chez les animaux nous savons l’importance de ces activités qui consistent à former des territoires, à les abandonner ou à en sortir, et même à refaire territoire sur quelque chose d’une autre nature." Mais la comparaison animalière n’améliorant pas pour autant la compréhension du concept, plusieurs artistes viennent à la rescousse pour vous l’illustrer.


Crystal Castle


crystal-castles-april-2008


La musique de ce groupe électro-punk est basée sur une énorme déterritorialisation. Vous rappelez-vous du son des jeux vidéos sur les consoles 8 bits? Mario, Tetris, et les grésillements électriques produits à chacune de leurs actions? Et bien ceux-ci constituent la base de leurs compositions qui les triturent et les hachurent sans complexes; et ce qui ne demeurait qu’un simple bruit devint une mélodie. Crystal Castle déterritorialisa ainsi les sonorités des consoles 8 bits pour le reterritorialiser dans une musique électro. Ce détournement déboucha sur un nouveau genre: la musique 8-bit. 


/p>



Kayne West


kanye west sneaker 090122


Kayne ne va non pas vous parler de musique mais de mode, et d’une tendance qu’il affectionne tout particulièrement. Féru de baskets, le rappeur est un véritable sneakers addict, au point de collaborer avec Vuitton en 2009 pour élaborer une chaussure de sport luxueuse. Est-il nécessaire de rappeler que les baskets nichaient jusqu’alors dans un territoire sportif, urbain et hip hop ? Bref absolument pas dans le substrat de la mode. Pourtant l’ami Kayne (comme beaucoup d’autres avant lui) parvint à les décloisonner de leur milieu, à les déterritorialiser, pour les reterritorialiser dans le milieu du luxe. Un vrai pirate ce Kayne.


kanye-west-louis-vuitton-sneakers-ss09-3.jpg


Shigeru Miyamoto


miyamoto.jpg


Fut un temps où les princesses se faisaient constamment enlevées par une vilaine sorcière ou un monstre hideux. Heureusement un prince charmant aux cheveux blonds bien coiffés se pointait pour sauver la belle des griffes de la bête. Puis Miyamoto créa Mario Bros et bouscula le genre. Le prince charmant se transforma alors en plombier ventripotent et moustachu. Auparavant, le plombier entretenait les canalisations jusqu’à tomber sous l’influence créatrice de Miyamoto qui procéda à sa déterritorialisation pour mieux la reterritorialiser là où personne ne l’attendait : dans un conte.


/p>


Il existe de très nombreux exemples sur lesquels appliquer ce concept: La musique, le cinéma, les NTIC, la peinture…. A vous maintenant de décortiquer les oeuvres pop! En attendant, Crystal Castles, Kayne West et Shigeru Miyamoto espèrent vous avoir aidé et vous souhaitent une bonne journée. Chacun retourne dans son territoire maintenant.

Par Mojo Risin - Publié dans : Philo Funky
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 10:57

 

deleuze.jpg

 

Deleuze reste le philosophe de référence de toute une génération puisqu’il en constitue l’héritage principal. Sa pensée continue d’irriguer aussi bien les théories philosophiques que les productions artistiques actuelles; rarement un intellectuel n’aura à ce point extrait ses concepts des productions les plus modernes. Il décloisonna le genre pour le transporter en des territoires improbables comme le cinéma ou encore la musique, mais cette curiosité ne fut pas innocente, une croyance profonde la soutenait.


rhizome.jpg

 

Pour la comprendre il faut s’intéresser à l’un des philosophes ayant le plus inspiré sa pensée, à savoir Spinoza (1632 - 1677). La vision de ce dernier se qualifiait de panthéiste. Quoi qu’est-ce donc que ce gros mot ? Deux visions de Dieux existent : soit celui-ci vit en dehors de l’univers, dans un au-delà nous étant inaccessible (Il est transcendant), soit il se confond avec la nature et on peut le connaître en l’étudiant grâce à la science ( Il est immanent). La deuxième conception est panthéiste, tout comme la théorie de Spinoza. Dieu se décompose ainsi en une multitude de manifestations (le vol d’un oiseau, un arbre… Oui c’est très romantique comme conception) dont les lois physiques (étudiées par les hommes avec la mathématique, moins romantique d'un coup...) renvoient aux lois divines. Étudier son environnement sans discrimination revient à connaître les principes et les règles qui  nous régissent et conduit ainsi à la sagesse et la liberté. Car la liberté n’est pas la possibilité de tout faire mais plutôt d’apprendre ce qui nous détermine afin d’agir au mieux et accepter le cours des choses.


spinoza.jpgRiquer--Pintura-Panteisme-gran-rr-des.jpgdescartes-rainbow.jpg

 

De là il est possible de transposer cette théorie au monde contemporain, bien moins « naturel » que celui du 17ème siècle, mais tout aussi digne d’intérêt, comme le fit Deleuze. Mais il la sécularisa au passage, transformant ce Dieu en un plan d’immanence (de là tout part), nommé l’Un (ça commence à devenir abstrait là…), toujours à l’origine et présent en chaque chose. Dès lors la compréhension de ce Dieu, cet Un, passera par l’étude de ce qui nous entoure. Cinéma, musique, jeux vidéos, graphisme, littérature, modes, chaque domaine recèle une vérité et mérite donc qu’on s’y intéresse car ils demeurent des productions de cette substance supérieure (mettez y le nom que vous souhaitez), et se trouvent donc régies par ses principes. Comme Spinoza avec la nature, Deleuze observe ainsi la société afin d'en comprendre le fonctionnement au travers de ses productions artistiques. La pop philosophie trouva ici son fondement théorique et fournit les bases d’une pensée pratique, ouverte, et pleinement immergée dans le monde contemporain.


TheBeatles.jpg510742819_small.jpgaff.jpg

 

Voilà de quoi Deleuze est le nom : d’un spinozisme plongé en pleine ère pop.  Autant dire d’une brûlante actualité ! Et comment résister à un intellectuel qui reçut sa plus grande satisfaction non pas du monde universitaire mais d’un groupe de surfers qui s’identifièrent à son concept de pli.


19georgegreenough.jpg

 

Par Mojo Risin - Publié dans : Philo Funky
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

pres-copie-1.gif

 

Voir Intro

flux.gif

 

 

rss

           -.gif

 

 

Facebook.pngtwitter.pngmyspace.png

 

 

 Untitled-1-copie-1

 

 

br.gif

 

24710_336563903051_336555443051_3670283_7328205_n.jpg

 

36012_140610989287104_116508431697360_434197_3084997_n.jpg

 

27521_31062852120_7656_n.jpg

 

31409 118855751478878 118855644812222 143338 6181433 n

 

admirable-design.gif 

 

logo

 

logowelovewords-small21

 

Capture-d-ecran-2010-09-08-a-17.53.53.png

 

30905 389928669633 298912424633 3742146 1671701 n

 

Paris in Fashion Magazine

 

Capture-d-ecran-2010-10-28-a-15.57.21.png

 

Untitled-1.gif

 

 

Annuaire TopArt

 

 

38766_149803958367344_149799365034470_487763_6027336_n.jpg

 

Eclipsis - Agence Web / Référencement / Annuaire

 

L'annuaire de qualité

arch.gif

Catégories

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés